Dans presque toutes les séparations, une question prédomine : que devient la maison lors d’un divorce ? La réponse dépend de trois éléments : à qui appartient le logement, s’il y a des enfants et quelle hypothèque reste à rembourser. Voici une carte complète des options, sans jargon technique, pour décider rationnellement.
Premièrement : à qui appartient la maison ?
Si le couple a acheté la maison marié sous le régime de la communauté (régime de gananciales), la maison appartient aux deux à 50 %, même si un seul en a payé le prix. En séparation de biens (ou si le logement a été acquis avant le mariage), elle appartient à la personne dont le nom figure à l’acte, selon le pourcentage indiqué. Cette donnée détermine tout le reste : on ne partage que ce qui est commun.
Deuxièmement : l’usage ne remplace pas la propriété
En présence d’enfants mineurs, le juge ou la convention attribue généralement l’usage du logement au parent qui reste avec eux, même si la maison reste la propriété des deux. C’est une situation temporaire qui suspend la revente sans affecter la propriété : l’autre reste propriétaire (et continue souvent à payer sa part de l’hypothèque). De plus en plus de conventions fixent des limites : usage jusqu’à un certain âge des enfants, ou vente dans un délai donné.
Les trois solutions pour le logement commun
1. Le vendre et partager le produit
La solution la plus simple quand aucun des deux ne peut ou ne veut assumer seul la maison : elle se vend, l’hypothèque est levée directement chez le notaire, et le reste est partagé selon les pourcentages. La clé est de procéder méthodiquement et non en urgence : une maison vendue « pour en finir vite » perd facilement 10 % ou plus de sa valeur.
2. Qu’un des deux la garde (extinction de copropriété)
Une personne indemnise l’autre pour sa moitié et conserve la maison entière. Fiscalement, c’est la voie la plus avantageuse (imposition sur l’AJD, taxe d’actes juridiques documentés, et non sur l’ITP), mais elle exige deux conditions : convenir d’une valeur juste —ici, une évaluation objective évite la moitié des conflits— et que la banque accepte de libérer la personne qui sort de l’hypothèque, car signer la convention ne supprime pas automatiquement votre nom du prêt.
3. Conserver la copropriété (la louer ou attendre)
C’est possible, mais c’est l’option qui génère le plus de conflits à moyen terme : frais partagés, décisions à deux et des vies qui prennent des chemins différents. Si vous choisissez cette option, il est préférable de disposer d’un accord écrit sur les dépenses, l’usage et la date de révision.
L’erreur la plus coûteuse : laisser l’hypothèque « comme elle est »
Même si la convention précise que la maison et son prêt appartiennent à l’un ou l’autre, pour la banque, les deux titulaires sont responsables de la totalité de la dette. Si celui qui conserve la maison cesse de payer, l’autre est tenu responsable — et sa capacité d’acquérir un autre bien est bloquée tant que cela dure. La libération du coemprunteur (novation) ou la vente sont les seules solutions réelles.
Décider avec des chiffres, pas sous le coup de l’émotion
Avant de signer quoi que ce soit, rassemblez trois chiffres : la valeur réelle actuelle de la maison, le montant restant de l’hypothèque et le coût de chaque option. Face à ces données, la décision est généralement évidente. Chez Mayrasa, nous vous fournissons la première —une estimation gratuite basée sur des ventes réelles dans votre zone— et si la sortie est la vente, nous prenons en charge toute la procédure en traitant les deux parties également, avec la discrétion que requiert une telle situation. Racontez-nous votre cas, sans engagement.
Imposition selon chaque option
Chaque solution a un impact fiscal différent, qu’il convient de prendre en compte avant de décider. Voici un résumé indicatif :
| Solution | Impôt applicable | Note |
|---|---|---|
| Vendre et partager | IRPF sur la plus-value de chacun + taxe municipale sur les plus-values | Si c’est la résidence principale et que vous réinvestissez dans un autre logement, la plus-value peut être exonérée |
| Extinction de copropriété (un la garde) | AJD, d’environ 1,5 %, en lieu et place de l’ITP | À la charge de celui qui récupère la maison |
| Conserver et louer | IRPF sur les loyers perçus par chacun | Réduction possible si le locataire l’occupe comme résidence principale |
Ce sont des critères généraux ; le montant exact dépend de votre situation, il est donc conseillé de vérifier auprès d’une gestion administrative avant la signature de la convention.
L’hypothèque : ce que peut faire la banque
La convention régulatrice lie l’ex-couple, mais pas la banque. Si le prêt est au nom des deux, voici les voies réelles pour se dégager :
- Libération du coemprunteur (novation) : la banque retire l’un des noms du prêt. Elle n’accorde cela que si celui qui reste démontre des revenus suffisants pour assumer seul les mensualités.
- Subrogation ou nouveau prêt : celui qui garde la maison refinance le prêt à son nom, parfois en changeant de banque pour bénéficier de meilleures conditions.
- Résiliation lors de la vente : si la maison est vendue, l’hypothèque est levée directement chez le notaire avec le prix de la vente, ce qui règle définitivement le problème pour les deux parties.
La banque ne vous libère pas simplement parce que la convention le dit : sans novation ou vente, vous restez responsable de 100 % de la dette envers l’établissement.
Erreurs fréquentes avec la maison lors d’un divorce
- Signer la convention sans consulter la banque et découvrir ensuite que vous êtes toujours lié à l’hypothèque.
- Confondre l’usage avec la propriété et penser que celui qui vit dans la maison en est automatiquement le seul propriétaire.
- Fixer la valeur de la maison « à vue de nez » pour l’extinction de copropriété au lieu de recourir à une expertise impartiale.
- Brader la vente par empressement et perdre 10 % ou davantage de sa valeur dans le processus.
- Conserver la maison en copropriété sans accord écrit sur les dépenses, l’usage et la date de révision.
Questions fréquentes
Peut-on m’obliger à vendre si je ne veux pas ?
Si la maison est en copropriété et qu’aucun usage n’est attaché aux enfants mineurs, l’un ou l’autre peut demander le partage des biens communs qui, étant donné que le logement est indivisible, aboutit généralement à une vente aux enchères. Personne n’est obligé de rester en indivision, il est donc presque toujours préférable de convenir d’une vente ordonnée plutôt que d’en arriver là.
Dois-je continuer à payer l’hypothèque même si je quitte la maison ?
Oui, tant que votre nom figure sur le prêt. Quitter le logement ne vous libère pas auprès de la banque : seul un accord de novation avec libération de coemprunteur ou une vente avec levée d’hypothèque le fait.
Dois-je payer des impôts si mon ex rachète ma moitié ?
La personne qui conserve la maison paie l’AJD lié à l’extinction de copropriété. Pour celui qui sort, si la compensation correspond à la valeur réelle de sa part, il n’y a en général pas de plus-value à déclarer en IRPF, mais il est conseillé de le vérifier selon les chiffres précis.
Que devient l’usage du logement lorsque les enfants grandissent ?
L’usage attribué aux enfants mineurs est temporaire et révisable. Beaucoup de conventions fixent une limite —un âge des enfants ou un délai— au-delà de laquelle la maison est vendue ou réglée. Le noter par écrit évite de rouvrir le conflit des années plus tard.


