Vous souhaitez acheter votre prochaine maison, mais l'argent est bloqué dans votre bien actuel qui n'est pas encore vendu. Pour ce décalage, il existe un outil précis : le prêt relais. Bien utilisé, il vous permet d'acheter sans brader ; mal compris, il peut vous imposer deux mensualités que vous ne pouvez pas payer. Voici comment cela fonctionne vraiment.
Qu'est-ce qu'un prêt relais ?
La banque regroupe en un seul prêt le solde hypothécaire de votre maison actuelle et le financement de la nouvelle, vous accordant un délai — généralement entre 6 mois et 5 ans — pour vendre la première. Pendant la vente, vous payez une mensualité réduite (souvent avec différé de capital : seuls les intérêts). Lorsque la vente est réalisée, la partie correspondante est annulée et le prêt devient une hypothèque classique sur la nouvelle maison.
Ce que la banque va vous demander
Le prêt relais est un produit destiné aux profils solvables : des revenus capables de supporter la mensualité conjointe si la vente se prolonge, et une valeur d'expertise confortable entre les deux habitations (les banques financent généralement jusqu'à environ 80 % de la valeur totale). Sachez aussi que l'établissement évaluera la facilité de revente de votre maison actuelle : emplacement, prix et état comptent.
Les trois mensualités possibles durant le relais
Selon la banque, pendant la période relais vous paierez : une mensualité avec différé de capital (seulement intérêts, la formule la plus courante), une mensualité réduite spéciale, ou une mensualité normale complète. Demandez toujours ce qui se passe si vous dépassez le délai sans vendre : certains prêts relais augmentent significativement la mensualité, et c'est ce scénario qu'il faut anticiper avant de signer.
Quel est le coût
En plus des intérêts (légèrement supérieurs à un prêt standard), comptez l'expertise des deux logements, les frais d'ouverture le cas échéant, ainsi que les frais de l'annulation partielle ultérieure. C'est le prix de la sérénité d'acheter sans avoir vendu : cela vaut la peine quand la nouvelle maison est une véritable opportunité et que votre logement actuel est objectivement vendable dans le délai.
Le vrai risque : surévaluer votre maison actuelle
90 % des problèmes liés aux prêts relais viennent d'une même cause : croire que la maison actuelle vaut plus que ce que le marché offre et épuiser le délai en demandant un prix irréaliste. Le relais n'offre pas un temps infini. Avant de signer, vous devez connaître la valeur réelle de vente — pas celle affichée sur les portails — et disposer d'un plan de vente sérieux : préparation, photos, diffusion et un prix défendable dès la première semaine. C'est ce qui distingue un relais de 8 mois d'une opération qui tourne au cauchemar.
Alternatives si le prêt relais ne convient pas
Vendre d'abord et négocier avec l'acheteur une remise des clés flexible (ou une location temporaire), réserver un bien en construction — dont les délais longs rendent souvent le relais inutile, comme expliqué dans notre guide vendre pour acheter du neuf —, ou négocier des arrhes plus longues lors de l'achat.
Chez Mayrasa, nous vous aidons avec la clé de voûte de tout le prêt relais : une estimation réelle de votre logement et une vente réalisée dans les délais. Avec une valeur juste et un calendrier sérieux, la décision du prêt relais vient d’elle-même.


